Histoire de Sainte-Marie des Batignolles

Un peu d’histoire…

L’église Sainte-Marie des Batignolles

L’église Sainte-Marie a été construite en 1828 par les soins de la duchesse d’Angoulême (fille de Louis XVI), de Charles X et de l’archevêque de Paris Mgr de Quelen, qui donna 1.200 francs pour l’acquisition du mobilier. L’architecte Lequeux dirigea les travaux comme ceux de plusieurs autres églises de Paris.

Lorsqu’en 1826, on commença la construction, on ne savait pas encore sous quel vocable on la placerait. C’est alors que les terrassiers, en creusant les fondations, trouvèrent, à un mètre de profondeur, une statuette en bronze, de 25 cm de hauteur “représentant la Vierge tenant d’une main l’Enfant Jésus, et de l’autre un globe terrestre, qu’elle lui présente dans un geste d’offrande”.

La statue fut volée en 1888, alors que l’abbé Porte était le curé de la paroisse. Afin de perpétuer le souvenir de la découverte de la statue, le nom de Sainte-Marie fut donné à la Chapelle, alors en construction.

La rue Truffaut

La rue Truffaut tire son nom d’un propriétaire de terrains, en même temps entrepreneur de travaux de constructions. Ce fut sous Louis XVIII et CharlesX que les maisons commencèrent à se bâtir dans la plaine des Batignolles. En vertu d’un usage ancien que nos lois ont consacré, les propriétaires ouvrant sur leurs terrains une rue nouvelle et qui en font la cession gratuite à la ville, ont le droit de donner à cette rue un nom de leur choix, le leur ou celui de leur famille. Ce fut le cas pour la rue Truffaut.

Parmi les particularités que possèdent certaines maisons de cette rue, citons l’immeuble du n° 22 qui possède en avant deux pavillons ornés chacun de deux statues placées dans des niches : l’une d’elles serait Molière, l’autre l’abbé de l’Epée.

L’immeuble au n° 50 masque aujourd’hui l’ancienne Mairie des Batignolles qui existe encore. C’est sous Charles X que les hameaux des Batignolles et de Monceau après trois ans de négociations, finirent par obtenir leur indépendance par rapport à la commune de Clichy. La nouvelle commune étant ainsi créée, la mairie fut construite en 1830, mais la Municipalité ne fut installée rue Truffaut, que le 07 Janvier 1832. A cette époque, cette mairie était entourée de jardins et ne comprenait que deux étages. Elle a été rehaussée depuis, mais l’ancienne façade n’a subi aucun changement. Quand une nouvelle mairie fut construite en 1847, l’ancienne devint la pension Didier pour jeunes filles, une des nombreuses pensions qui existaient alors aux Batignolles. Puis, l’immeuble fut transformé en maison louée par appartement.

Emile Zola a habité un pavillon qui s’élevait au n° 23 de cette rue, et c’est là, paraît-i1, qu’il aurait écrit son roman “l’Assommoir”. Bien qu’il ait situé l’action de ce roman à Montmartre, il n’en est pas moins vrai qu’il allait se documenter rue Truffaut, au lavoir du n° 26, l’héroïne de son roman étant blanchisseuse.

La chapelle des catéchismes

La Chapelle des Catéchismes, 77 rue Truffaut, fut construite en 1877 par l’abbé Jacques-Théodore Lamarche, curé de Sainte-Marie des Batignolles. Il succéda à l’abbé Heuqueville, premier curé de la paroisse.

Au-dessus du portail de cette chapelle se trouvait la statue d’un ange gardien veillant sur un enfant. Cette chapelle contient les reliques d’un Saint. Vers 1880, l’abbé Lamarche étant allé à Rome, il visita les catacombes et en rapporta les ossements d’un enfant de douze ans martyrisé en cette ville, lors des persécutions religieuses, sous l’empereur Néron (au IIème siècle). I1 légua ces reliques à Sainte-Marie. Un artiste a rapproché ces ossements et a rétabli le corps avec de la cire. Ce martyre a pour nom Saint-Fortunat.

Son corps reconstitué, revêtu de velours rehaussé d’or, est allongé sur des coussins, dans le soubassement de l’autel de la chapelle des Catéchismes. Il tient à la main une palme, symbole du martyre. Les parois du soubassement sont en verre, et chacun peut y voir les reliques.

L’ancien presbytère

L’ancien presbytère, 79 rue Truffaut, fut construit en 1879 par l’abbé Lamarche, qui l’habita jusqu’en 1888. Nommé à cette date Evêque de Quimper et de Léon, c’est en cette qualité que Monseigneur Lamarche fonda, de sa résidence de Quimper, le 17 Juillet 1890, les statuts de la “Société Immobilière anonyme à capital variable des Ecoles de Sainte-Marie des Batignolles, 77 rue Truffaut”.

Le capital initial était de 50 000 francs divisé en 500 actions de 100 francs. Après Mgr Lamarche, la Société fut gérée par son successeur, l’abbé Porte, président, ayant pour secrétaire l’abbé Barbin, vicaire de la paroisse.

En 1904, par la Loi de Séparation, l’Etat s’empara du presbytère comme bien ecclésiastique, et l’immeuble fut mis sous séquestre. L’abbé Porte et les vicaires qui y étaient logés furent obligés de chercher domicile ailleurs.

C’est alors que son successeur, l’abbé Leblanc, qui habitait rue de Rome, acheta le petit hôtel, 57 rue Truffaut pour y installer le nouveau presbytère.

L’école paroissiale …..hier ….. aujourd’hui

L’Ecole Paroissiale, 77 rue Truffaut, fut construite peu après la chapelle, par l’abbé Lamarche, et dirigée par les Frères de la Doctrine Chrétienne.

Son premier Directeur, le Frère Nicerhoris, pédagogue remarquable, y fut appelé, après avoir dirigé les Ecoles congrégationistes de la rue Lemercier, puis celle de la rue Legendre, en 1877. En même temps qu’il assumait la Direction, il tenait une classe spéciale pour enfants handicapés. De plus, professeur de dessin, il se distingua aussi, par ses talents de musicien, et fonda une société musicale.

A l’époque où existait un concours entre toutes les écoles de Paris, l’Ecole Paroissiale de la rue Truffaut était citée comme une des premières et maintient longtemps cette priorité.

L’abbé Lamarche dirigea l’école jusqu’en 1891. Par une faveur spéciale, et pour honorer sa mémoire, il fut inhumé au cimetière des Batignolles.

En 1880, lors de la loi Jules Ferry qui instituait “l’Instruction laïque obligatoire”, l’école comprenait 7 sections. Un personnel laïque remplaça les Frères.

Vers 1950, la constitution d’une Association de Parents d’Elèves, appelée à présent APEL, fut rendue indispensable pour percevoir les fonds de la “Loi Lagrange” mis à la disposition des familles.

Jusqu’en 1960, la gestion financière de l’école était assurée par la Paroisse, mais la Loi du 31 Décembre 1959 d’aide à l’Enseignement privé fit obligation à l’École, pour obtenir cette aide, de constituer une Association, chargée exclusivement de cette gestion, qui se nomme à présent OGEC.
Aujourd’hui la Communauté Éducative de Sainte Marie des Batignolles accueille en moyenne 120 élèves du CP au CM2 avec une classe par niveau. La poursuite de la scolarité s’effectue principalement dans les collèges et lycées du secteur (Saint Michel des Batignolles, Fénelon, Saint Louis, Sainte Ursule,..). La majeure partie des familles habite le 17ème ou ses environs. Certains parents furent élèves dans cette école qui est bien enracinée dans le quartier.